Le gouverneur de Californie s’en prend violemment au président américain
À la COP30, organisée à Belém, au Brésil, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a vivement attaqué le président Donald Trump, absent du sommet.
« Donald Trump redouble d’imbécillité », a-t-il lancé mardi 11 novembre lors d’une conférence de presse, dénonçant la politique de désengagement climatique de la Maison-Blanche.
Dix ans après l’accord de Paris, cette 30e conférence de l’ONU sur le climat s’ouvre sans délégation fédérale américaine, une première historique.
« Trump est temporaire », a insisté Newsom, promettant qu’un futur président démocrate réintégrerait immédiatement l’accord de Paris, dont les États-Unis se sont de nouveau retirés sous l’administration actuelle.
Une riposte à la politique climatique de Washington
Depuis son arrivée au Brésil, le gouverneur californien a multiplié les interventions et les rencontres avec des dirigeants étrangers, notamment le gouverneur de l’État du Pará, un ministre allemand et le président brésilien de la COP30.
Il a dénoncé la « marche arrière irresponsable » de Donald Trump sur les questions d’énergie et de climat, qualifiant ses décisions d’« abomination ».
Newsom, souvent cité comme possible candidat démocrate à la présidentielle de 2028, a mis en avant le modèle californien : « Cette année, notre électricité a été 100 % propre neuf jours sur dix. Si la Californie était un pays, elle serait la quatrième économie mondiale. »
Les États et régions en première ligne
L’absence du gouvernement fédéral américain à la COP30 n’empêche pas la présence active de plusieurs États américains.
La gouverneure du Nouveau-Mexique, Michelle Lujan Grisham, a rappelé : « Quand Washington s’engage, nous en faisons plus. Quand il se retire, nous redoublons d’efforts. »
De nombreuses régions et municipalités participent aux discussions parallèles pour démontrer que l’action climatique locale peut pallier l’inaction nationale.
Un soulagement pour plusieurs délégations étrangères, alors que la présence américaine à certaines négociations internationales a récemment freiné des avancées — notamment à l’Organisation maritime internationale (OMI), où un accord sur une taxe carbone a échoué en octobre.
Des réactions partagées sur la scène internationale
L’absence des États-Unis à Belém suscite des avis contrastés.
Pour Christiana Figueres, ancienne cheffe de l’ONU Climat, « c’est une bonne chose : ils ne peuvent pas prendre la parole ».
D’autres, comme le Premier ministre portugais Luis Montenegro, rappellent que « le retour des États-Unis dans la coopération climatique mondiale reste indispensable ».
Le retrait américain de l’accord de Paris sera effectif en janvier 2026, mais le pays restera membre de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC).
Newsom : “Nous devons mieux parler du climat aux citoyens”
En fin de journée, Gavin Newsom a reconnu la difficulté à mobiliser ses concitoyens sur un sujet souvent perçu comme abstrait.
« La plupart des gens ne savent pas ce que veut dire 1,5 °C en Celsius. Cela fait combien en Fahrenheit ? », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Nous avons besoin de meilleures métaphores pour faire comprendre l’urgence climatique. »
